Sacré bordel.

22 novembre 2011

- Tu fais quoi? J’regarde dans ma tête -*

Publié par loila dans Non classé

J’aimerais parler de cette nuit, autrefois la plus belle, avant qu’elle ne s’éteigne. (au moins reste il des braises)

Je ne voudrais pas parler de lui, même si des bribes de cicatrices s’échapperont forcément de mes écrits maladroits.

Je voudrais m’en souvenir. J’ai peur que les barrières de douleur effacent ce qui déjà part en lambeaux.

Je me sentais belle. Désirable à ses yeux. Je buvais mon verre de vin, lointaine, intouchable, presque hautaine. Je lui souriais. Je savais dans ce regard qu’il avait déjà envie de moi.

Nos corps se sont embrasés,une autre fois. Passionnément, comme jamais. Comme jamais je n’ai eu envie de me donner à quelqu’un. Son regard, ses caresses, ses sourires -toujours un peu gênés, je crois- de notre différence d’âge. Finalement si risible.

Il allume un joint, et on s’embrase. Nos corps se frôlent, s’accrochent, se griffent. Il me serre fort, si fort, que mon cœur semble s’ancrer dans le sien. L’ambiance tamisée, cette musique passionnée, on se possède sans jamais s’avoir. Ce n’est qu’un retour à l’état sauvage où le temps a disparu. 

Ma tête est au creux de son épaule, il est tendre, comme jamais il le fût. Comme si cette nuit avait tout dit. L’apogée, le début? Qui aurait pu deviner que se fût la fin. Peut-être chaque personne douée d’un iota de raison. Pas moi. Encore moins à cet instant précis. Il m’a embrassée sur le front. Nos discussions n’avaient pas de fin et j’aurais pu voir le petit jour se lever sans étonnement. J’ai pleuré, aussi. Il n’en a rien su, les ténèbres nous entourant d’une obscurité suffisante pour me cacher à lui.

Lorsque l’on s’est couchés, nous avons ri. L’euphorie, la drogue, le bien-être. De grands éclats de rire d’enfants. Mais toi, tu n’es plus un môme. Et lorsque l’enfant que tu attends sera venu au monde, j’aurai déjà disparu de ton horizon.

Je ne sais pas comment j’ai pu tellement te mettre en colère, cette colère si froide qu’elle est plus douloureuse que tout reproche, uniquement par mon calme et ma froideur du petit matin. Comment j’ai réussi à me retrouver seule dans le lit, à m’habiller dans la précipitation, l’esprit embrouillé, les yeux fatigués, les membres à vif.

A m’assoir sur ce putain de sofa crème. A fumer une cigarette. Une autre. A te voir aller et venir, partageant ma froideur, sans que tu ne sembles percevoir que je resterai inconsolable.

Un silence coupant a régné quelques minutes. Tu m’a proposé quelque chose à boire. J’ai refusé. C’est alors que tu as pris ma main, avec une douceur et attention extrême. La dureté inconnue de ce ton m’a fait lever les yeux. . «Là, je préfèrerais que tu partes.» Mais je ne t’entendais déjà plus. D’ailleurs, je ne t’ai pas regardé. Ou plutôt, je crois que c’est toi qui ne me regardais pas. Tu fixais ton clavier d’ordinateur, une cigarette à la main, ton thé brûlant dans l’autre. Je n’ai rien ressenti. Je n’ai rien dit non plus. J’ai répété ensuite mille fois les phrases qui auraient dû surgir de mes pensées folles. Mais je n’ai rien fait. J’ai tourné le doss, parcouru les deux mètres qui me séparaient de la porte et suis sortie, emportant avec moi ce silence glaçant. J’ai simplement ôté mes talons et descendu les marches le plus vite possible.

 

Je pourrais toujours dire que j’ai senti mon cœur se fendre, qu’il a explosé une fois derrière la porte, et que ces morceaux brisés m’ont faite rouler jusqu’à la sortie, où j’ai insulté le vieil homme qui a soutenu mon regard en me disant que j’étais jolie. Il n’en est rien. Je suis sortie de l’immeuble, le regard hagard. Enfumée, sans trop comprendre. Les premiers rayons de soleil de mars m’éblouissaient, et j’ai rendu son sourire au vieil homme. Je ne me suis pas écroulée. Pas encore.

 

 

 

*L’An 01

 

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