Sacré bordel.

26 juin 2011

 » Es ahora o nunca, para acercarla, para percibirla… « 

Publié par loila dans Non classé

 

Y’a t-il un sens. Viens tu par hasard? Par envie? Par dépit?
Viens tu me (re)trouver?
Viens tu profiter de cette ville aux milles visages?
-Le sais tu toi même.-

Etonnant comme l’approche du retour semble me vider peu à peu de tous les bienfaits accumulés jusqu’ici. Comme cette joie et cette envie de vivre s’éfilent l’air de rien, transormant ce nouveau manteau de confiance en bouts de laine sans allure. Je m’y raccroche, je les recouds, essayant d’y croire encore.
Cette ville m’a enveloppée de son aura protectrice, de son halo de ardiesse.

Lavapies et ses façades de couleurs. Ses enfants torses nus emplissant les rues, leur sourires naïfs, son quartier de musique et de métissage. Il y a eux, il y a lui, désormais des bouts de ce que je suis restent quelque part dans ces rues, quelque part ou partout, mais quelle est la différence? Un cheveu, un sourire, une nuit trop alcoolisée.

La Latina et ses nuits passionées. Le petit appartement du 5eme étage. Ses terasses de café où tu attendait patiemment, à tous mes retards injustifiés. La latina et ces même cafés où tu me disais aurevoir. Je me levais silencieusement sans jamais savoir si je te reverrai un jour. Ce même bar où tu a oublié de me dire adieux. Cette fontaine qui restera toujours l’eau d’Almodovar. Cette grande cathédrale que je n’ai jamais pu visiter, cause de jupette trop courte ou d’épaules découvertes. La Latina et ses palmiers, ses places, ses ruelles entortillées. Ses nuits folles, ses restaurants, ce grand marché, où, t’en rapelles tu, je nous avais acheté des fraises, que nous avions sucées en profitant du naissant soleil de mai.

Et Mayor. La grande, l’impérieuse. De jour, de nuit, sobre, inconsciente. Allongée en pleine nuit écoutant l’accordéon. Entre les touristes et les puces du dimanche. Ces pavés qui ont, ô, combien de fois soulagé mes joues brûlantes d’alcool ou de chaleur.

On a goûté aux saveurs du Rastro. Et si nous le connaissions par cœur ? Chaque stand, chaque recoin, chaque musicien. Impossible. Tapas bière et fumées, regroupés, dans le silence ou noyés de mots sans queue ni tête.

Plaza de Espana, le Temple de Debod, les grands parcs del Oeste. Ces nombreuses nuits au  joli appartement du 3A, à consommer ces substances illicites qui nous font voir la nuit en arc-en-ciel. Ce barrio et ses soirées étudiantes, ces rassemblements de jeunes en quête d’avenir au bord du vestige Egyptien, un retour à l’état innocent, dansant au gré de guitares espagnoles.

El Centro. Historique, touristique? Qui sait désormais. L’un et l’autre, l’un sans l’autre, l’un dans l’autre. Ses nuits trasnocheando. Combien de fois ai-je traversé ces rues? Cents, mille, un million de fois ? Combien de gens ai-je croisé et perdu, recroisés et laissés partir ? Rencontrés ? Aimés? Quelques instants, une nuit, quelques jours ?Combien en ai-je déjà oublié ?

J’ai repensé à Fuencarral. A l’appartement d’Italiens. Et Elle, bien entendu. Mon elle. Celle qui continue de m’empêcher de me coincer entre les murs, qui me guide aveuglément.Combien de nuits, encore, à refaire le monde, à briser les frontières, à parler mille langues, entassés les uns sur les autres ? Combien de disputes, de rancoeurs, d’amours brisés dans l’oeuf ?

Combien de fêtards arpentant les rues, les places, les cafés, les bars, les boites de nuit ?

Et le 41. Le double. Deux hommes. Les insupportables! Qui te regardent d’un drôle d’air, vivent au jour le jour d’un argent tombé du ciel. Et qui feront comme moi, finalement. Briseront les barrières et m’approcheront, petit à petit, et se confieront. Confier. Confianza. Détruisant ces a priori stupides et écoeurants. Qui participeront activement au tissage de ce manteau de bien-être qui part désormais en lambeaux. Combien d’heures encore, à crier de rage, à revoir la planète, nos amours, nos doutes et nos futurs, sous le soleil de Vicalvaro, au lieu de recevoir la sainte bénédiction de nos heures de classe ?

Sol. Soleil, la Puerta. Cette place si brûlante qu’elle en est insupportable. Qui restera désormais celle des indignés. De cette tentative de leur montrer qui nous sommes. Ces semaines illégales, loin de quelconque système tyrannique. C’est l’envie, l’espoir, la rage. Ce n’est pas mort. Dans le cœur de chacun reste un souvenir, une flamme, une idée de rebellion. Ayez peur, messieurs les jurés, tout ceci finira par aboutir, dans la sang ou dans la joie, probablement les deux mêlés aux couleurs de la fête et de la désobéissance.

El barrio de las letras, ses bars snobs et musicaux. Cervantes et Lope de Vega, de longues après-midi au Prado à se perdre dans ses cuadros et interminables salles barbouillées.

Le Retiro nous attendait. Ses longues promenades, son lac , ses barques, ses grandes siestes eveillées. Ses jongleurs, ses musiciens, ses diseuses de bonne aventure. Ses longues et chaudes journées offertes à la lecture, l’écriture, le repos, la pensée ou la poésie.
Atocha, ses contrôles infinis de départs en voyage, hantée par 2004. La terasse du 7c, ces longues soirées à la française, Brel et nos doutes, notre futur qui s’entrecroisera bientôt, sa douceur extrême, ses gestes précautionneux, cette confiance qu’elle me léguait à tours de bras.

Cette période sans domicile, infante de Madrid, amante de ses rues. La rencontre inopinée de son ancien ami, pirate et révolutionnaire, intelligent et passioné, interessé et passionant. Cet accueil innatendu, le studio propret pourtant objet de tellement de vices. Ces vices qui viendront enfin, lorsque l’on ni croyait plus. L’aboutissement de semaines de désirs et d’envies frustrées.

Nous voilà revenus au bercail. Goya et ses quartiers chics. Le 131 d’une rue sans fin. Le notre. Notre bébé, ses peintures et casseroles sales. Ce qui nous unit désormais flotte, imperceptible à tous, guide invisble lorsque nous nous perdons sur les bords de l’existence.

Et puis, celui qui m’emmena faire le tour des bars rock de MalasañaMe gusta Malasaña, me gustas Tu…») à des heures impossibles, qui me fit valser au son de Doors et Dire straits, qui me soutenait en titubant, mes yeux se perdant dans ces boucles, cet amour naissant, cette protection à toute attache, alors même que nos ailes ne sont encore que plumes, le retour qui s’annonce et nos sentiments qui se perdent dans le labyrinthe de nos raisons.

(A suivre?)

15 juin 2011

Archives.

Publié par loila dans Non classé

 

- L’angoisse de la page blanche. Tu parles. Des idées, il en avait des tonnes. Il les notait, précieusement, dès qu’elles pointaient leur nez. Entre deux rames de métro. Dans l’escalier. Devant la machine à café, dans une cabine téléphonique, en pleine rue. Il entassait des carnets d’idées, des pages et des pages de brouillons à peine lisibles par lui même. Ses brouillons de vie, comme il disait.

L’homme tira sur son cigare, recracha la fumée lentement, savourant chaque bouffée comme la dernière. Il ne regardait pas ses invités. Il semblait fixer un point invisible pour le commun des mortels alors que tous buvaient ses paroles, n’osant l’interrompre.

Sans se presser, laissant son auditoire s’impatienter de la suite de son histoire, il bu une gorgée de vin. Rouge, de celui qui pique la gorge. Ce vin de table presque écœurant, qui retourne l’estomac dès la première goulée. Reposant son verre à pied sur le bord de la table, il secoua la tête afin d’écarter les mèches de cheveux de son visage vieillissant.

- Je ne pensais pas qu’il sortirait quelque chose de cet amas d’immondes manuscrits. J’étais certain que tout était trop vague dans sa tête, pour qu’il en naisse quelque chose de construit. Je veux dire – d’aussi construit -.

Les têtes se baissèrent, graves. Oui. D’aussi construit. Qui aurait pu s’en douter? Qu’auraient-ils pu faire?

Ces interrogations, qu’ils partageaient dans un silence pesant, sonnaient comme des excuses. Nous n’aurions pas pu nous en douter. Nous n’aurions rien pu faire.

Tous savaient à quel point ces affirmations étaient illusoires, voile transparent sur une culpabilité enflant de jour en jour, exterminant heure après heure les dernières ruines d’ humanité subsistant dans leurs membres épuisés.

Le vieil homme semblait extérieur au cercle dépérissant autour de lui. Son regard restait perçant, ses gestes clairs -quoi que saccadés-, ses paroles audibles. Les autres, masse de plus en plus informe, croupissaient à vue d’œil. Engloutis sous la responsabilité.

Tous responsables.

L’enfant naïf avait fait du chemin. Le simple d’esprit s’était naturellement joué d’eux et de leur fière morale.

Pour combien de temps y en avait il encore? Sans nul doute, certains souhaiteraient que le délai soit le plus bref possible, et que tout soit terminé rapidement. Puisque la fin était désormais inévitable.

Les maitres des ficelles étaient devenus marionnettes.

 

 

 

9 juin 2011

“La rumeur est entrée, la rumeur a parlé…”

Publié par loila dans Non classé

Et le chien devient loup
Le gramme devient tonne
Le sable devient boue
La poire devient pomme”

Triste retour aux sources. Sombre retour à la réalité.

Rumeur: “Bruit qui court, nouvelle qui se répand/ Bruit confus de voix

Foule de bruits confus dans mon esprit. Qui disait qu’une page se tournait?

Cette page semble indélébile. Je m’efforce. Je me reconstruit, tentative vaine de canaliser racontards et bruits de couloirs. Ils me devancent et filent à toute vitesse, me laissant à peine le temps de me retourner sur ces actes passés.

Une rumeur peut-elle partir d’un évènement vrai, précis, historique?

Je nie, monsieur le juge. Je nie et renie, quitte à vider mes poumons de tout air vital.

Je me met à genoux, messieurs les jurés. Je vous supplierai, même, de regarder plus loin que le bout de votre nez.

Je n’implore aucune circonstance atténuante, messieurs les bourreaux, puisque je n’ai pas commi ces crimes dont on me punie aujourd’hui.

Cette mise en lumière de ce que je ne suis pas est la pire des punitions, et ce que je crains le plus au monde. Je refuse d’être celle de qui on parle. «Sur qui» on parle, quitte à écorcher notre jolie langue hexagonale. Je suis l’invisible, et je me complais dans mon ombre.

Qui a allumé ce projecteur? Qui a ouvert mes paupières à cette cruautée froide?

 

«Tu n’as pas fauté.»

 

Les partisans regardent l’enfant dans sa bulle de verre, impuissants et désolés. Ils ne sont plus assez pour me convaincre de mon innocence.

 

Je vais avouer, messieurs les magistrats, pour que vous me laissiez m’en aller. Je n’aurais plus la tête haute mais je serai vivante. Dois-je encore me battre? Dois-je perdre chacun de mes muscles dans cette lutte qui n’aura pas de fin heureuse?

 

Il s’agit d’une suite d’evènements dont personne n’est entièrement coupable, messieurs les acusateurs. L’ennui est qu’ils tournaient autour de ma personne.

Moi, moi, moi. «Je». Moi ne trouve pas sa place. Moi ne veut pas être l’objet de discussion. Moi veut retourner dans son ombre, dans sa foule, apporter sa pierre de manière invisible. Ne me regardez plus. Vos répliques singlantes me tuent à petit feu.

 

Oui, monsieur le juge. Je vous tends poignets et chevilles, emmenez moi. Je crois encore à ce que je suis dans cette histoire sans queue ni tête: accusée parfaite. Celle que l’on attendait pas, et qui arrive à point. Capable de se punir sois-même pour que les bruits ne s’étendent pas plus encore.

 

J’organiserai mes défenses, messieurs inquisiteurs. Je prendrai les frais à ma charge.

Je lutterai contre la lumière, je ferai éclater ces mensonges qui dérangent. Vous m’avez trompés, compagnons d’âme et de lutte, je vous attends au tournant. Nous lutterons ensemble, et ce pour le pire. Je ne suis pas celle que vous croyez. Je suis celle que vous avez connue.

 


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